Cheveux crépus, arrêtons le massacre !

Black beauty, dernière partie

 

Chapitre 8

Painted Black, 1990

 

Alek Wek démarre sa carrière. Ce mannequin à la peau très foncée constitue à elle toute seule une véritable révolution dans le monde de la mode mais, finalement, son exemple reste marginal.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Alek_Wek

 

 

Les cosmétiques s’intéressent enfin vraiment à la peau noire. Chanel, Clinique et L’Oréal entrent dans la danse.

 

« En 1992, les Afro-Américains représentaient 12% de la population américaine et 34% des consommateurs de produits capillaires. »

 

On peut parler d’un concept de beauté globale dans le cadre d’une culture globale, à laquelle la majorité des individus cherche à s’adapter. Cela entraîne, par exemple,  une augmentation de la pratique du blanchiment de la peau.

 

Il faut noter que le blanchiment de la peau n’est pas que le fait des personnes ayant des origines africaines noires. Les Asiatiques y ont également recours comme le montrent ces articles et ces vidéos :

 

http://www.greenbeaute.com/blog/ces-femmes-au-teint-de-lys

 

http://www.indeaparis.com/beaute/dossier-le-blanchiment-de-la-peau-en-inde-6

 

Cette pratique est courante en Chine, au Japon, en Inde… La peau blanche est vue comme le moyen d’accéder à un meilleur statut.

 

Les crèmes éclaircissantes vendues dans les années 90 contiennent parfois un taux trop élevé d’hydroquinone.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hydroquinone

 

 

Dans cette quête de beauté globale, certaines n’hésitent pas à porter des lentilles de couleur.

 

 

Le style nubien, les tresse, l’afro, les locks sont toujours d’actualité.

 

On note un certain nombre d’incidents et de procès liés à des coiffures ethniques car elles sont mal tolérées, vécues par certains comme une provocation, un signe de négligence.

 

La chanteuse américaine, Erykah Badu, porte le turban avec beaucoup de grâce et d’élégance ainsi que des coiffures mettant en valeur les cheveux crépus naturels. Si elle est soupçonnée de mettre des perruques, elle affiche toujours une crinière crépue.

 

 

La mode des Noirs blonds, qui avait déjà eu son heure de gloire dans les années 50, est de retour.

 

A priori, il s’agit d’afficher une singularité, un contraste, de se démarquer, il n’est plus question de reniement.

 

On parle de tendance ethnique et l’on n’hésite pas à mélanger les styles.

 

La chirurgie esthétique gonfle les bouches à l’aide du collagène, ainsi que les fesses et les seins grâce à des prothèses.

 

Les Noires éprouvent de la honte de leur bouche pulpeuse tandis que les Blanches les mettent en avant.

 

Les beautés glamour des années 90 sont : Janet Jackson, Withney Houston, Lauryn Hill, les filles du groupe En Vogue et de Arrested Developpement…

 

 

 

C’est aussi l’heure de gloire de Maria Carey, métisse très claire de peau, qui joua sur le fait qu’on la prenait pour une blanche.

 

Les slogans publicitaires donnent une idée de l’état d’esprit de l’époque : « Just do it »,  « Don’t imitate, innovate ».

 

Dans les magazines féminins américains, 96% de mannequins sont blancs pour un lectorat composé de 11% d’Afro-américains. On retrouve la même donne pour le Brésil, le Japon, l’Extrème Orient.

 

Cependant, le mannequin star des années 90 est Naomi Campbell. Elle fera une magnifique
carrière.

 

Mais, se sentir belle lorsque l’on est une femme noire confrontée à cette illusion de la beauté globale, n’est pas si évident. Oprah Winfrey, lors d’une interview, parle ainsi de son propre physique : “Je n’ai jamais pensé que j’étais jolie parce que je croyais qu’il fallait avoir la peau claire, le nez fin, des lèvres minces pour être considérée comme telle. Le sentiment d’être belle m’était totalement étranger. Donc, j’ai décidé d’être intelligente à la place. »

 

Epilogue

Fade to black

 

Pendant cent ans, aux Etats-Unis, l’objectif a été l’intégration par la transformation.

 

Le marché des cosmétiques pour les personnes de couleur est estimé à 1.5 billions de dollars par an et les campagnes publicitaires sont toujours basées sur l’exploitation des mêmes complexes.

 

75% des Afro-américaines portent des coiffures à l’occidentale.

 

Pourtant, l’auteur considère que le purisme, refuser toute transformation du naturel, n’est pas la bonne solution. « En cristallisant leurs convictions – ô combien spirituelles – sur un élément aussi immatériel et futile que la coiffure, les défenseurs de la cause black la condamne à passer… comme la mode. »

 

La raison de la transformation de leurs cheveux, invoquée par les femmes noires, est pratique ou par goût, occultant le poids d’une uniformisation de la beauté.

 

« Pour que le marché demeure rentable, il faut continuer à faire passer le message : les cheveux afro sont synonymes de laideur et une femme noire ne peut aspirer à la beauté si elle garde ses cheveux naturels ».

 

Cependant, on ne peut négliger l’histoire : le port de cheveux artificiels relève également de traditions anciennes, si l’on se réfère à l’Egypte et à la Nubie.

 

L’auteur revient sur ce concept de « (…) « beauté globale » - qui n’est autre, finalement, qu’une déclinaison du standard universel imposé par le monde occidental (…) »

 

Pourtant, le discours ambiant laisse à penser que la beauté serait, aujourd’hui, l’expression de choix personnels.

 

Pour l’auteur,  « Il va sans dire que la conscience de l’identité noire doit se fonder sur des actes, des paroles et non sur des choix esthétiques. » Position qui semble contradictoire avec les éléments développés plus hauts.

 

L’auteur évoque un conditionnement à trouver beau certains traits, à admettre une certaine idée plutôt occidentale de la beauté, ce que l’on pourrait appeler un « conformisme esthétique ».

 

Ainsi, « (…) nombre de grands magazines prétendent enregistrer une baisse de 5 à 20% de leurs ventes lorsqu’ils publient une ou deux fois par an la photographie d’un mannequin noir en couverture, laissant entendre ainsi que les Blacks se « vendent » moins bien que les Blancs. » « De la même façon, la presse afro-américaine perdrait une partie de son lectorat chaque fois qu’un mannequin jugé « pas assez noir » fait la couverture. »

 

Enoncé, le sujet de ce livre, la beauté noire, semble futile, mais vous l’avez constaté, il soulève énormément d’interrogations.

 

Ce huitième article met fin à ma série d’articles consacrée au livre « Black beauty ».

 

J’espère vous avoir donné envie de découvrir ce magnifique ouvrage.

 

J’ai tenté de vous en faire un résumé, ce qui n’a pas toujours été très évident, mais le livre est si dense que je ne saurais trop vous conseiller de vous plonger dedans. D’autant plus qu’on le trouve dans toutes les bonnes bibliothèques. C’est aussi une excellente idée cadeau.

 

Merci de votre visite sur mon blog.

 

A bientôt.

 

Très cordialement.

 

 

 

 

Si cet article vous a plu, vous êtes libre de le partager.

 

 

 

Crépue sans contraintes en version PDF
Prix : 3.99 €

 

disponible en version numérique sur FNAC.COM

disponible en version papier noir et blanc sur AMAZON et sur lulu.com

 

 



03/04/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 150 autres membres