Cheveux crépus, arrêtons le massacre !

Tatouages, dreadlocks... Peut-on afficher le look que l'on veut au travail ?

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Tatouages, dreadlocks… Peut-on afficher le look que l’on veut au travail?  

 

Publié le 11 juillet 2014.
 
 

 

 

ENTREPRISE - L’apparence et la tenue vestimentaire des salariés donnent lieu à de nombreux conflits dans le monde du travail…

 

Le prix d’un tatouage ne se résume pas à l’encre et au travail qu’il a nécessités. Ainsi, en Grande-Bretagne, un papillon dessiné sur le pied d’une cadre lui a carrément coûté son job, en raison d’une nouvelle règle instituée par son entreprise interdisant les tatouages visibles. Impossible en France? Loin de là. Car la tolérance dans le monde du travail hexagonal a aussi ses limites.

 

Dans le droit français, «la liberté de se vêtir ou d’apparence sur son lieu de travail n’est pas une liberté fondamentale», rappelle l’avocat Eric Rocheblave. Un principe qui vaut pour une robe trop provocante, mais aussi pour un tatouage non recouvert par un vêtement. Dans le cas où la tenue d’un salarié serait en inadéquation avec «la nature de la tâche à accomplir» ou ne serait pas «proportionnée au but recherché», dixit le Code du travail, un employeur pourrait donc le sanctionner sans que le juge prud’homal y voit rien à redire en cas de contestation.

Dreadlocks chez Air France

Si le nombre d’affaires n’a pas nécessairement augmenté, selon Me Rocheblave, des cas plus ou moins médiatiques ont tout de même jalonné l’actualité ces dernières années. Ainsi de l’affaire Aboubakar Touré. En juin, la justice a donné tort à ce steward à qui Air France interdisait les dreadlocks et toute coiffure «volumineuse». Pendant quatre ans, assure son avocate, Me Houria Amari, il a dû porter une perruque à cheveux lisses. «Or avoir les cheveux crépus n’est pas un choix, c’est un aspect intrinsèque à la personne de mon client», s’indigne sa représentante, qui y voit là une discrimination. Aboubakar Touré avait demandé sa réintégration à son poste d’origine – il est depuis le début de l’affaire affecté à un poste au sol sans contact avec la clientèle- ainsi que des dommages et intérêts, en plus d’un rappel de salaire. Déçu de ne rien obtenir, il a fait appel.

 

Pour Anthony Mathé, sémiologue qui a travaillé sur les moyens d’expression dans le monde du travail, l’affirmation de soi «n’est pas nouvelle». Ce qui le marque davantage, c’est «la diversification des modes d’individualisation». «Avant, on suivait les modes. Aujourd’hui, l’expression de soi est complètement éclatée», analyse-t-il. «Je m’interroge réellement sur ce qu’il y a de déstabilisant pour le client d’un magasin à faire face à un tatouage, un piercing ou une coiffure différente. Il faut vraiment qu’il y ait une violence symbolique pour expliquer le rejet, sinon ce n’est que de l’hypocrisie et une moralisation mal venue.»

Les deux lignes rouges

Pourtant, assure Jean-Christophe Sciberras, président de l’Association nationale des directeurs de ressources humaines (ANDRH), la tendance est plutôt à l’acceptation de la différence. «Il y a vingt ans, personne ne serait venu en entretien avec un piercing; aujourd’hui, c’est fréquent, explique-t-il. Et dans le même temps, les DRH sont devenus plus souples, la relation de travail moins formelle.» Restent toutefois deux lignes rouges, selon lui: la sécurité et la relation avec le client. Il reste donc fortement déconseillé d’aller travailler en tongs dans une usine de produits chimiques ou une banque.

 

L’idéal, reprend le sémiologue Anthony Mathé, serait de «trouver l’équilibre entre la norme et l’individu». «En France, le management est trop faible, l’entreprise oublie le facteur humain, regrette-t-il. On considère encore trop la tenue vestimentaire et l’apparence comme une expression de la compétence.» Le jour où un banquier tatoué des pieds à la tête sera élu employé du mois ne semble donc pas encore venu.

 

*Nicolas Beunaiche

 

 

 

 

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20/07/2014
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